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Veuvage

Veuvage et fichage FICP : régler les crédits du couple et retrouver de la marge

Un décès bouleverse un budget bâti à deux. Pour le conjoint survivant fiché, tout dépend de l'assurance emprunteur, de la succession et des revenus qui restent, pension de réversion comprise.

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Veuve assise à son bureau avec des courriers de banque et un dossier de succession

Un veuf ou une veuve fiché(e) FICP est une personne qui perd son conjoint et dont le nom figure au Fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers. Le fichage n'a pas de lien avec le décès, mais le deuil peut le déclencher : courriers non ouverts, prélèvements rejetés, revenus qui chutent d'un coup.

Ce contexte demande de l'ordre plutôt que de l'urgence. Avant toute demande de prêt, il faut savoir quels crédits subsistent, lesquels sont soldés par l'assurance, ce que la succession laisse à régler et quelles ressources nouvelles, comme la pension de réversion, arriveront dans le budget.

Premiers jours : ne pas laisser les prélèvements s'accumuler

Dans les semaines qui suivent un décès, les comptes et les crédits continuent de fonctionner par automatisme. Un compte individuel du défunt est en principe bloqué dès que la banque est informée ; un compte joint peut rester utilisable selon les règles de l'établissement. Informer rapidement chaque banque évite des rejets qui deviennent des incidents.

Les frais d'obsèques et leur financement

La loi permet de prélever sur le compte du défunt les frais funéraires, dans une limite fixée par arrêté, sur présentation de la facture ; le plafond est à vérifier. Si le compte est insuffisant, des aides existent via la caisse de retraite, la mutuelle ou le centre communal d'action sociale. Éviter de souscrire un crédit pour des obsèques sans avoir exploré ces pistes.

Prévenir tous les créanciers par écrit

Un courrier avec l'acte de décès, adressé à chaque prêteur et à chaque organisme prélèveur, ouvre la voie à une suspension des prélèvements en attendant le règlement. Les créanciers connaissent la situation et acceptent souvent un délai de quelques semaines si la démarche est faite rapidement.

Que devient le crédit signé à deux ?

Un crédit contracté par les deux conjoints est généralement assorti d'une assurance emprunteur qui couvre le décès. Si le contrat prévoit cette garantie pour le défunt, l'assureur peut rembourser tout ou partie du capital restant dû, selon la quotité assurée. Il faut déclarer le sinistre sans attendre, avec les pièces demandées.

SituationEffet probableAction à mener
Crédit à deux, quotité 100 % sur chacunSolde pris en charge par l'assuranceDéclarer le décès à l'assureur et à la banque
Crédit à deux, quotité 50 % sur chacunMoitié du capital rembourséeReprendre l'autre moitié, ou demander un échéancier
Crédit au nom du défunt seulDette de succession si pas d'assuranceVoir le notaire avant d'accepter ou de renoncer
Crédit sans assurance décèsLe co-emprunteur survivant reste tenuNégocier avec la banque, saisir la commission si impossible
Découvert sur compte jointSurvivant tenu pour le soldeApurer, puis clôturer ou transformer le compte

Une quotité de 50 % signifie que chacun des deux emprunteurs est couvert à hauteur de la moitié du prêt. Elle figure sur l'offre de crédit et sur le tableau des garanties. Un exemplaire se retrouve dans les papiers du couple ou auprès de la banque qui peut en fournir copie.

La succession et les dettes qu'elle contient

La succession ne se limite pas à un patrimoine : elle comprend aussi les dettes du défunt. L'héritier peut accepter purement et simplement, accepter à concurrence de l'actif net ou renoncer. Le choix a des conséquences financières, et il vaut mieux demander conseil à un notaire avant de payer quoi que ce soit au nom du défunt.

Régime matrimonial et dettes du couple

Selon le régime matrimonial, les dettes contractées pendant le mariage peuvent engager la communauté, donc le conjoint survivant. Pour les crédits souscrits seul par le défunt, le notaire vérifie la nature de la dette. Cette lecture fait la différence entre une dette personnelle et une dette commune qui incombe aussi au survivant.

Ne pas payer à la légère

Un règlement spontané d'une dette de succession peut être interprété comme une acceptation tacite de la succession. Avant de payer un créancier du défunt, mieux vaut en parler au notaire. Les poursuites d'un recouvreur ne justifient pas un paiement précipité sans connaître l'actif disponible.

Le recours à l'acceptation à concurrence de l'actif net

Cette option limite l'engagement de l'héritier aux biens reçus : il ne paie pas les dettes au-delà de ce qu'il hérite. Elle suppose un inventaire des biens et un formalisme précis, que le notaire ou le greffe du tribunal judiciaire peuvent expliquer avant toute décision.

Ressources après le décès et budget de transition

Le conjoint survivant peut prétendre à une pension de réversion selon son âge, ses ressources et le régime du défunt ; chaque caisse applique ses règles, à vérifier auprès d'elle. D'autres ressources peuvent s'ajouter : capital décès, prévoyance de l'employeur, rentes. Le délai de première mise en paiement est parfois de plusieurs mois.

Exemple calculé : un foyer vivait avec 3 100 € par mois et une charge de crédit de 420 €. Après le décès, le revenu tombe à 1 700 €. Si l'assurance solde le prêt, la charge disparaît ; sinon, 420 € représentent près du quart du nouveau budget, et un étalement s'impose avant toute demande de crédit.

Parcours conseillé en six étapes

  1. Obtenir plusieurs copies de l'acte de décès et prévenir banques, prêteurs, assureurs et caisses de retraite.
  2. Rechercher les contrats d'assurance emprunteur et déclarer le sinistre pour chaque crédit.
  3. Rencontrer le notaire pour établir l'actif, le passif et le choix à faire sur la succession.
  4. Demander son relevé FICP à la Banque de France, gratuit, et noter la date de fin d'inscription.
  5. Déposer les demandes de pension de réversion et de capital décès.
  6. Reconstruire le budget avec un Point Conseil Budget ou un travailleur social du département.

Refus et faux pas à éviter

Le refus d'un prêt s'explique par le fichage et par la baisse des revenus. Il est inutile de forcer la porte des banques en période de transition. Mieux vaut attendre que les droits soient ouverts, que la succession soit réglée et que les impayés soient régularisés pour présenter un dossier lisible.

Les erreurs les plus fréquentes

Ne pas déclarer le décès à l'assureur dans le délai prévu au contrat ; contracter un crédit relais pour attendre la réversion ; ignorer un courrier de relance par découragement ; faire confiance à un site qui promet un prêt « spécial veuve » sans enquête, ce qui masque généralement des frais d'avance interdits.

Autres sources d'aide

Questions fréquentes

Le fichage du défunt passe-t-il au conjoint ? Non. Le FICP est personnel. Mais le survivant est concerné par les crédits qu'il a lui-même signés, seul ou en commun.

Puis-je demander une aide avant d'avoir la réversion ? Oui, les aides sociales ne dépendent pas de la pension de réversion. Le délai administratif explique pourquoi un accompagnement budgétaire est utile dès les premières semaines.

La banque peut-elle bloquer mon compte personnel ? Elle bloque le compte du défunt, pas le vôtre. Le compte joint dépend de l'établissement ; demandez par écrit les conditions de maintien.

Faut-il rembourser le crédit si l'assurance refuse ? Si l'assureur oppose un refus, il faut en connaître le motif par écrit. Vous pouvez le contester, avec l'aide d'une association de consommateurs ou d'un avocat.

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